Extraits

 

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Le gros bon sens

Bon sens (n.m.) : Capacité de bien juger, d’agir raisonnablement.

Tout au long de cet ouvrage, le gros bon sens sera notre outil de prédilection afin de corriger nos fausses conceptions de la réalité (tant intérieure qu’extérieure) ainsi que pour débusquer tous les sophismes, paralogismes et incohérences qui se trouveront sur notre passage. Ce sera l’allié par excellence qui nous permettra de développer un discernement juste et objectif, validant ou invalidant nos constructions mentales actuelles eu égard à la réalité, afin d’en dégager ce qui est au détriment de nos préconceptions illusoires et nos prêts-à-penser.

Par contre, gros bon sens est malheureusement trop souvent un concept vague et malléable (tel que dieu, bien, mal, démocratie, conscience, etc.) qui, pour chacun d’entre nous, prend une signification particulière selon le contexte. C’est un de ces concepts- vase dans lequel nous ne mettons que ce que bon nous semble au gré de nos humeurs, une sorte de formule mathématique à variables… variables. Aussi, est-il impératif, dès le départ, de le définir adéquatement afin d’éviter tout malentendu, mauvaise interprétation et élasticité de raisonnement non constructive.

 

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Oser appeler un chat, un chat

Au-delà de ce qui peut sembler un simple jeu de logique, le bon sens doit impérativement être exprimé à l’aide de mots adéquats et justes. C’est là une des premières étapes indispensables si nous désirons reconquérir une compréhension objective de la réalité. Une bonne communication (tant avec soi-même qu’avec les autres) étant primordiale, le choix des mots est d’une importance capitale. En effet, ceux-ci ne doivent pas être uniquement le reflet de nos préférences ou de nos penchants affectifs, ils doivent être justes, précis et sans teinte émotionnelle. Autrement dit, out le « politiquement correct », le socialement acceptable et l’euphémisation confortable, sans quoi le bon sens serait privé de facto de sa liberté d’expression : celle d’appeler un chat, un chat.

Trop souvent, nous n’osons pas utiliser avec exactitude les mots car leurs implications ébranlent notre statu quo ou celui de notre/nos interlocuteurs. Nous n’oserons pas, par exemple, parler de génocide, de massacre ou de barbarie, mais utiliserons plutôt les termes du novlangue2 contemporain que constitue l’expression la « guerre contre le terrorisme ». Peut-être parce que notre pays participe à cette inquisition moderne, peut-être même avons-nous un membre de la famille qui est un militaire ou encore travaillons-nous pour un quelconque média. Peu importe, ce type de falsification de la réalité doit être aboli sans aucune possibilité de retour, sans quoi toute quête de vérité est vouée à l’échec.

 

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Il doit y avoir une explication

Ajoutons à la distance relative et au fait que ça n’arrive qu’aux autres notre inclination marquée à refuser tout phénomène qui ne cadre pas avec notre vision préétablie de la réalité. Ovnis, hécatombes animales et agroglyphes figurent au premier rang du palmarès des phénomènes tangibles, visibles et pourtant bien documentés que la plupart d’entre nous refusent d’inclure dans notre définition de la réalité car, voyez- vous, il doit y avoir une explication. En réalité, ce que nous voulons est une autre explication.

En effet, ce n’est pas que les aspects plus subtils de notre réalité soient nécessairement inexpliqués – la physique hyperdimensionnelle et la théorie des champs unifiés sont de bons exemples –, mais bien que ce qui ne s’inscrit pas dans une certaine quotidienneté de notre vécu est systématiquement classé dans une catégorie de moindre importance, et ce, souvent à tort. En ce sens, tous les phénomènes psy en sont un exemple de premier ordre. Ils ont été minutieusement étudiés à l’aide d’expériences hautement scientifiques et prouvés authentiques et réels. Nous avons tous eu (ou connaissons quelqu’un qui a eu) de brèves expériences de télépathie, de rêve prémonitoire ou d’intuition qui se sont avérées justes, mais ne les incluons pas dans notre conception générale de la réalité. Ni pour les développer, ni pour les étudier. Trop souvent, nous préférons une autre explication.

 

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Toujours en 1997, le docteur Jay Vacanti a réussi l’« exploit » de faire croître une oreille humaine sur le dos d’une souris et parlait déjà, à cette époque, de modélisation tridimensionnelle informatique, de moules en plastique biodégradable et autres joyeusetés afin de créer des organes aussi complexes qu’un foie.

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Voilà qui redéfinit le terme « rat de laboratoire ». Photo (c) BBC News

Mais c’était il y a 15 ans. Aujourd’hui, nous faisons dans la fantaisie.

Tout récemment, à l’aide de la « chèvre-araignée » dont le lait contient des protéines de soie, quelqu’un a eu le génie de croiser ce « lait » avec de la peau humaine transgénique (cultivée en laboratoire) afin de créer une peau humaine «à l’épreuve des balles».6 Ce même quelqu’un n’a juste pas eu le génie de penser à ce qui arriverait aux organes internes et aux os d’un « humain-araignée » s’il en venait à recevoir une balle et que sa peau ne déchirait point. Mais ce n’est pas important, l’argent de nos impôts doit bien aller quelque part et le fait que le domaine militaire se joigne aux efforts de biotech n’est pas surprenant. Passons.

 

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Le cas des vaccins

Les vaccins représentent probablement le cas le plus flagrant de marketing par la peur.

Un cas parmi tant d’autres, la coqueluche. Sylvie Simon écrivait dans un article du 26 février 2012 :

« Avant l’accouchement ou très vite après dans l’empressement et l’angoisse du séjour à la maternité, il est question de vacciner encore et toujours. Les parents se voient ainsi distribuer des formulaires3 dramatisants et surtout culpabilisants, leur rappelant que la coqueluche peut être mortelle pour les nourrissons non complètement vaccinés et que dans plus de la moitié des cas, ce sont les parents, insuffisamment immunisés qui contaminent leurs enfants. »

On invite donc aussi les parents à se faire vacciner et à en parler à leur entourage (amis, familles, collègues) afin de leur suggérer, pour la protection du nouveau-né, de se faire vacciner eux aussi.

Autre cas, celui du vaccin contre le VPH. Le site du gouvernement du Québec n’y va pas de main morte :

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Ce qui nous laisse avec plus de 11 000 tonnes de déchets solides hautement radioactifs. 11 000 tonnes, par année. Ajoutons que nous ne parlons ici que des centrales nucléaires pour la production d’électricité, il nous faut donc ajouter les 250 réacteurs pour la « recherche » dont nous n’avons pas les chiffres concernant la puissance, mais en y allant d’une moyenne conservatrice, c’est 6 000 tonnes de déchets supplémentaires pour un alarmant total de 17 000 tonnes de déchets hautement radioactifs par année. Selon Arte, la planète accueille actuellement près de 250 000 tonnes de déchets radioactifs.

Joli constat. Surtout que, lorsque nous abordons la question de savoir ce que nous devons faire de ces déchets radioactifs, la réponse n’arrive qu’à coups de théories et de solutions temporaires, centaines de pages de lecture à l’appui. Eh oui, nous nous attendions probablement à ce que ces déchets soient enfouis de façon sécuritaire, recyclés ou encore désactivés, mais c’est une erreur. En effet, la grande majorité de la littérature concernant les déchets radioactifs est remplie de termes conditionnels, de différentes procédures «à l’essai » en attendant de trouver une réelle solution et de changements de politiques selon les pays et les époques. En voici un exemple parmi tant (trop) d’autres, celui de l’Allemagne :

La recherche d’un site de stockage géologique entamée dans les années 1970 avec le laboratoire de la mine d’Asse II19 est toujours en cours. Diverses expérimentations ont eu lieu à Gorleben (dans des couches de sel), à Konrad (mine de fer), et dans la Mine d’Asse, site expérimental finalement transformé en décharge, mais où, suite à des infiltrations de saumures et une trop grande vulnérabilité du site, les déchets pourraient devoir être évacués. Les Allemands doivent ainsi gérer 43 000 m3 de déchets empilés « sans précaution » dans une mine de sel qui prend l’eau.

Ce type d’exemples pullule. Nous utilisons des vieilles mines désaffectées, des contenants faits de matériaux qui ne résisteront pas à la durée de vie de la radioactivité qui y est contenue, et ce, quand nous ne les balançons pas tout simplement à la mer :

« Au cours des années 1950, une partie des déchets provenant des centrales nucléaires européennes et américaines ont été jetés à partir de navires dans l’Atlantique et entre les îles anglo-normandes et le cap de la Hague. »

 

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Plus de profits 

Peut-être trouverons-nous un début de réponse dans ce simple fait : la guerre est, mondialement, le business le plus lucratif qui soit. Les diamants, le pétrole et les métaux précieux ne sont rien en comparaison des ventes d’armements, de technologies et de produits dérivés de la guerre – « reconstruction » incluse.

Il faut comprendre que la vente d’armes, à elle seule, est estimée, de façon très conservatrice, à 3% du PIB mondial. Le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) l’explique ainsi :

« Les informations sur les ventes d’armes, même si elles ne sont pas classées « confidentiel défense » ne sont pas du domaine public, ne serait-ce qu’en raison du secret industriel, commercial et militaire et c’est un secret protégé avec l’aide de l’État. Les États et les compagnies sous-estiment volontairement leurs chiffres pour toutes sortes de raisons dont la principale est de sous-estimer leur part militaire et cacher des ventes qui tomberaient sous le coup des traités de non-prolifération. »

De plus, un nombre impressionnant de secteurs économiques connexes sont directement impliqués : de l’extraction des matières premières en passant par l’ingénierie jusqu’aux chaînes de production, ce sont littéralement des milliers de domaines qui contribuent à la sphère militaire. Toute avancée technologique est d’abord et avant tout utilisée à des fins militaires : du séquençage du génome humain pour des armes ethniques en passant par les télécommunications et les transports, tout le savoir-faire est récupéré.

 

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Couplez ce programme de « vigilance » aux constantes alertes jaunes, orange et rouges indiquant le « niveau de terrorisme suspecté » et vous avez la recette parfaite pour instiller la paranoïa.

Et bien que les États-Unis soient un pas en avance sur les autres pays en matière d’incitation à la délation, cette propension touche de plus en plus de nations :

7 août 2011 : Le Canada a lancé la chasse aux criminels de guerre via la délation du public.

13 août 2011 : Grande-Bretagne – Les photos des émeutiers sur un écran géant.

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24 février 2012 : États-Unis – Les drones arrivent.

Les drones fournissent un nouvel et puissant instrument de surveillance au gouvernement et à d’autres opérateurs (d’UAV) pour la collecte vaste et envahissante de données sur les ‘mouvements et activités’ des Américains », a mis en garde la semaine passée Jennifer Lynch, l’avocate d’ElectronicFrontierFoundation (EFF). 

1er novembre 2011 : France – Milipol, Salon mondial de la sécurité intérieure des États, présente un nouveau véhicule « policier ».

« Le nouveau 4×4 de police aux vitres grillagées et surmonté d’une tourelle avec mitrailleuse. »

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Joli, non? Vous sentez-vous plus en sécurité?

 

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Bienvenue en 1984

Un petit retour dans le passé nous permettra de mieux apprécier l’ampleur de l’iceberg actuel de la surveillance tous azimuts.

Le projet Echelon

Par extension, le Réseau Echelon désigne le système mondial d’interception des communications privées et publiques (SIGINT), élaboré par les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle- Zélande dans le cadre du traité UKUSA.

[…] C’est un réseau global, appuyé par des satellites artificiels, de vastes bases d’écoutes situées aux États- Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Australie et en Nouvelle-Zélande, des petites stations d’interception dans les ambassades, et le sous-marin de classe Seawolf USS Jimmy Carter (pour écouter les câbles sous-marins de télécommunications). 

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Stations d’interception du Réseau Echelon situées à Menwith Hill (Royaume-Uni).

 

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4 septembre 2011 : France – Tous fichés à 15 ans : la loi votée dans l’indifférence générale.

« De quoi s’agit-il? Du fichage de toute la population française de plus de 15 ans. Le tout, présenté par notre ministre de l’Intérieur préféré. Prétexte : l’usurpation d’identité. Méthode : la carte d’identité biométrique, et la centralisation des données dans un grand fichier. »

Nous pouvons nous arrêter un instant et demander à notre ami le gros bon sens ce qu’il en pense. Ficher obligatoirement la population afin de protéger son identité… Voyons voir : « Usurper : s’approprier quelque chose par la force ». Le gros bon sens nous en dit ceci : notre identité est usurpée par nos gouvernements.

8 octobre 2011 : France – Comment le gouvernement a fiché l’ADN d’un million de citoyens innocents.

La loi du 18 Mars 2003 pour la sécurité intérieure dite Loi Sarkozy II, étendant le fichage ADN à toute personne poursuivie pour des faits délictueux.

Jusqu’alors, cette pratique mise en place par la loi Guigou de 1998 était uniquement réservée aux personnes condamnées. Avec Nicolas Sarkozy, elle est étendue à tous ceux qui passent dans les mains de la police, qu’ils soient ensuite déclarés coupables ou innocentés par la Justice. 

 

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Mais s’il n’y avait que ça…

3 février 2012 : Bienvenue à Gattaca : la machine qui décode votre génome à grande vitesse.

machine-decode-adn« C’est une machine pas plus grande qu’une photocopieuse, qui permet de décoder l’ensemble du génome d’une personne en deux heures et pour moins de 1 000 dollars, selon son fabricant.

[…]

Et prédit que la taille de l’appareil pourra être encore réduite, pour être un jour transportable à la main. Voilà pour le côté positif. « 

 

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Mais je n’ai rien à me reprocher!

Voilà la phrase clé. Pourquoi s’opposer à la montée en puissance des lois liberticides autorisant la surveillance généralisée de toutes formes de communication si nous n’avons rien à cacher?

Les mots du pasteur allemand Martin Niemöller nous offrent ici matière à réflexion :

« Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique.

Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. »

C’est exactement ce qui se joue en ce moment même. Puisque nous ne nous considérons pas comme « terroristes », puisque nous ne nous considérons pas comme «criminels», puisque nous ne nous considérons pas comme « dissidents», nous ne protestons pas.

Mais lorsque les définitions officielles de ces appellations s’élargiront suffisamment pour nous inclure, restera-t-il quelqu’un pour défendre des droits et libertés qui n’existeront plus?. Et si le « terrorisme » avait une définition si large que toute personne ayant des convictions politiques ou sociales serait considérée comme un danger à la « sécurité nationale »?

 

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14 novembre 2011 : États-Unis – Mort massive d’huîtres à Chesapeake. Cause présumée : inconnue.

18 novembre 2011 : Tunisie – Des milliers d’oiseaux morts dans des conditions mystérieuses. Cause présumée : inconnue.

4 janvier 2012 : Norvège – Des milliers de poissons s’échouent mystérieusement. Cause présumée : ils auraient été pourchassés par d’autres poissons ou par des mammifères marins!

Tout ceci n’est qu’un aperçu du phénomène, la pointe de l’iceberg d’un phénomène relativement récent en termes de fréquence et d’ampleur.

Qu’en disent les médias et les experts?

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Cette photographie est celle des harengs norvégiens « pourchassés par d’autres poissons ou par des mammifères marins ». Imaginons-nous le monstre qui leur aurait fait peur de la sorte? Photo © REUTERS 

 

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Cette recrudescence récente d’activité météoritique vient confirmer les observations des astrophysiciens Victor Clube et Bill Napier lorsqu’ils décrivent ainsi – dans leur livre Hiver cosmique – la situation actuelle du vaisseau Terre :

La position actuelle du soleil dans la galaxie crée les conditions d’un taux d’impact exceptionnellement élevé. Si le caractère épisodique de l’histoire de la Terre reflète le passage dans les bras spiraux, alors la position présente du soleil sur le bord interne du bras d’Orion nous assure d’être actuellement dans une phase active. En outre, le soleil vient tout juste de traverser le plan galactique, où les forces de marée agissant sur le nuage de comètes sont maximales; l’intensité du flux cométaire passe donc en ce moment par les valeurs fortes de son cycle galactique. Le soleil vient également de traverser la Ceinture de Gould et subit de ce fait une force de marée exceptionnelle créée par un ancien nuage moléculaire en cours de désintégration. 

Ce n’est certes pas réalité réconfortante à contempler, j’en conviens amplement, mais cette réalité demeure un point important à considérer lorsque nous tentons de comprendre la situation mondiale actuelle.

Qu’est-ce que la situation mondiale actuelle a à voir avec l’augmentation d’impacts météoritiques sur notre planète?

Beaucoup. À commencer par notre futur incertain que plusieurs prennent très au sérieux en construisant des « arches de Noé » de semences (dont la plus connue étant la Réserve mondiale de semences du Svalbard). Il existe même un projet pour créer une telle arche sur la lune, ce n’est pas peu dire eu égard à l’ampleur d’un possible cataclysme attendu. Ne pas voir de relation entre ces arches et l’état actuel du monde relèverait d’une cécité intentionnelle.

Pensons aussi à l’influence directe que ce bombardement incessant et grandissant peut avoir sur le climat. Nous parlons souvent de l’effet papillon, à savoir que le battement d’aile d’un papillon peut créer une tornade à l’autre bout de la planète. Ici, nous parlons d’une manifestation infiniment plus imposante que celle d’un papillon! Les impacts climatiques d’un tel état des choses est tout sauf négligeable et bien qu’aucune donnée se semble être répertoriée ni analysée en ce sens il est fort à parier qu’un très grand nombre d’incidents météorologiques – intéressant de voir comment les mots se recoupent à ce niveau– imputables au supposé réchauffement climatique anthropique sont en réalité de nature tout autre et vraisemblablement météoritiques.

 

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« La nature de leurs activités importe peu aux gens – ce qui importe, c’est de «faire quelque chose», d’être occupé. C’est l’une des découvertes résumées dans un nouvel article de synthèse publié dans Current Directions in Psychological Science, un journal édité par l’Association for Psychological Science. »

En effet, nous semblons souffrir d’un insatiable besoin de sensations, nouvelles ou renouvelées, afin de nous sentir vivant, de « remplir notre vi(d)e ». Et lorsque nous en sommes privés, nous nous réfugions dans les films, la musique, les romans ou les jeux vidéo, et nous vivons ainsi d’autres sensations, pour ainsi dire, par procuration. Il n’y a qu’à observer la panoplie impressionnante des divertissements offerts par la société actuelle pour réaliser à quel point notre désir de combler un vide est prédominant. Pour utiliser l’expression de Guy Debor, nous vivons littéralement dans La société du spectacle.

 

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« Regardez les gens dans les magasins, les théâtres ou les restaurants. Voyez comment ils s’identifient avec les mots quand ils discutent ou essaient de prouver quelque chose, particulièrement quelque chose qu’ils ne connaissent pas. Ils ne sont plus que désir, avidité, que paroles : d’eux-mêmes, il ne reste rien. […] Tant qu’un homme s’identifie ou est susceptible de s’identifier, il est l’esclave de tout ce qui peut lui arriver. La liberté signifie avant tout de se libérer de l’identification. »

– Gurdjieff

Vers une non-identification

La pratique de la non-identification (souvent appelée détachement) permet une plus grande objectivité de l’observation et de la compréhension que nous avons de nous-mêmes et du monde qui nous entoure. Mais nous libérer de l’identification, dans la majorité des cas, est une tâche impossible car nous ne nous apercevons tout simplement pas de notre état, « de nous, il ne reste rien ».

 

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Épidémiologie

Que ce soit une question de faux respect ou celle d’un jugement de valeur machinal en fonction du volume de connaissances empiriques possédées, notre propension à l’édification de piédestaux invisibles s’étend partout. Et bien que cette attitude puisse parfois nous sembler anodine – voire normale –, il n’en est rien car c’est ainsi que nous bâtissons nos relations avec autrui. Et autrui, c’est aussi papa, maman, frérot, sœurette et notre conjoint(e). Sans nécessairement être « haut placés », ces autruis sont tout de même jugés selon les mêmes mécanismes qui attribuent une «valeur» au potentiel punition/récompense ou une « note » à l’étendue des « connaissances » détenues. C’est donc habituellement avec prudence et grande mesure que nous avançons nos mots et nos gestes, car nous marchons littéralement sur un sol qui n’est pas plat, mais bien jonché de piédestaux invisibles, plus ou moins hauts, qui menacent de nous faire trébucher à tout instant.

Du professeur de mathématiques à l’artiste peintre en passant par le gérant du magasin du coin, notre propension au faux respect et au jugement de valeur se propage à tous nos contacts humains telle une pandémie. 

 

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Le cercle vicieux du mensonge 

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Jim Cole, La façade, Éditions l’étincelle, 1974.

Nous avons tous eu l’expérience, un jour où l’autre, de raconter un « petit » mensonge à quelqu’un pour ne pas déplaire, pour se mériter son amitié, peu importe la raison. C’était dit, c’était fait et nous avons même été surpris de voir à quel point c’était facile… jusqu’au moment où nous avons dû répondre à une question qui, si nous devions y répondre franchement, dévoilerait notre mensonge. Alors, nous avons eu le choix : mentir à nouveau ou avouer. Comme c’était facile la première fois, nous nous sommes dit que nous pourrions recommencer, une dernière fois. Et encore une fois, c’était facile, mais nous nous sommes vite rendu compte au fil du temps que nous devions faire constamment attention à ce que nous disions pour ne pas nous révéler. Avec le temps, les mensonges ont dû rapidement s’accumuler pour continuer de dissimuler le mensonge initial. C’est le cercle vicieux du mensonge et plus le temps passe, plus il prend de l’ampleur.